Une nouvelle façon de consommer l’information : l’exemple de brief.me

Brief.me est un média qui nous livre un condensé d’informations au quotidien avec un véritable travail de structure recherché et s’inscrit, à mon sens, comme une nouvelle façon de consommer l’information. Son co-fondateur Laurent Mauriac a pris le temps de répondre à certaines questions.

 

L’économie des médias traditionnels

L’orientation politique des médias est un fait, malheureusement bien loin d’être inédit. Toutefois, ces dernières années se sont plus particulièrement illustrées comme réellement problématiques dans les médias traditionnels. Ces derniers sont forcément contraints par leurs actionnaires ainsi que par leur propre fonctionnement économique. On ne verra pas de reportages poussés sur le commerce de l’esclavage en Libye ou l’affaire de Brett Kavanaugh à une heure de grande écoute par exemple. C’est l’économie des médias qui pose problème.

Le modèle publicitaire était un modèle prédominant dans l’industrie papier et numérique pour la plupart des magazines et journaux de manière générale.  C’est sur cette structure que les médias et leurs salariés s’organisaient ; en introduisant alors de nouveaux acteurs dans cet écosystème : les annonceurs. Néanmoins, les intérêts des lecteurs, des médias et des clients publicitaires divergent forcément. Un tel modèle a forcément nourrit une méfiance envers les journalistes qui suivent une ligne éditoriale dictée par des annonceurs et sont ainsi contraints à une course aux clics…

C’est en cela que certains médias comme brief.me décident de ne pas proposer de publicités et de fonctionner uniquement sur les abonnements des lecteurs. L’entreprise est donc née d’un véritable besoin dans une ère de surinformation affirmée, où il est de plus en plus complexe de s’informer correctement. Trouver une information qualitative et sans publicité relève presque de l’impossible entre les buzz, les titres racoleurs, les fake news, les alertes, les newsletters … Laurent Mauriac décrit alors « une surabondance d’information ».

 

 

 

La viabilité des médias sans publicité

Est-ce un système viable ? On peut remarquer que ce n’est que dans l’industrie des médias qu’un consommateur s’est habitué à la gratuité du produit et pourrait refuser de payer. L’idée de ne pas payer notre baguette de pain ne nous viendrait pas à l’esprit. L’information de qualité, c’est pareil.

Le paiement sur internet tend à se banaliser et à entrer dans les mœurs pour proposer une expérience plus simple attachée à de véritables valeurs. On voit par exemple, Spotify et Deezer prospérer.C’est a contrario l’ancien modèle, ce modèle basé sur la publicité, qui entame indubitablement son déclin. Effectivement, à force d’unifier un même modèle, il a tendance à se banaliser.

C’est ce qui semble advenir à la publicité : le prix des emplacements sur internet a tendance à décroître, ce qui signifie forcément moins de recettes pour l’annonceur mais aussi pour le média en question. De plus, les utilisateurs auront tendance à utiliser des logiciels ou des extensions de blocage, ce qui entache encore une fois les revenus liés à la publicité.

Beaucoup de médias ont alors fait le choix de dégrader leurs produits et donc l’expérience des lecteurs. Solution qui rapporte certes, mais ne fonctionne qu’à court terme. Une telle décision ne fait que renforcer ce que l’on pressentait déjà : une consommation neutre de l’information, allant de site en site, sans s’attacher à un système de valeur.

Le système de médias mixtes (une partie publicité, une partie abonnement) se répand de plus en plus. Ce dernier permet donc de mettre en place une économie plus libre pour les contenus des médias concernés, permettant alors un plus grand choix dans l’édito.

 

 

 

Un nouveau modèle : la confiance

Le choix de brief.me est donc de proposer un mois gratuit où tous les jours, on reçoit un résumé de l’information, avec une approche large à la fois nationale mais aussi internationale (souvent moins bien expliquée dans les médias traditionnels) et le choix de ne prendre aucun parti et de donner aux lecteurs le loisir de se forger leur propre opinion. De plus, la rédaction de ce média a su construire un système de valeur auquel les lecteurs adhèrent et sont donc fidèles. Finalement, pour renforcer cette confiance, il est possible de se désabonner en un 1 clic, possibilité évidente pour Laurent Mauriac, beaucoup moins pour le reste des médias !

C’est ce système de valeur qu’illustre un média tel que brief.me, proposer une nouvelle forme de journalisme : le « slow media » avec moins de contenu mais dans une forme plus épurée et surtout, sans publicité, pour alors retrouver le « lien entre le lecteur et le journaliste » (Jean-Christophe Boulanger – cofondateur de Brief.me).

 

 

Roxane Tyrbas de Chamberet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *